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Les inégalités sociales de santé

Les inégalités sociales de santé apparaissant dès l’enfance, période déterminante pour les politiques de prévention et de réduction des inégalités.

La région PACA figure parmi les régions les plus touchées par la pauvreté des enfants et des jeunes : en 2009, 290 000 enfants et jeunes de moins de 18 ans étaient concernés. Le taux de pauvreté infantile[1] en PACA (28,5%) est supérieur au taux métropolitain (22%) (DROS PACA). La région présente, en fait, une situation contrastée avec des territoires qui concentrent davantage de personnes pauvres. Seul le département des Hautes-Alpes se situe en-dessous de ce taux (19%). C’est dans les Bouches-du-Rhône que le taux est le plus élevé (31%), suivi du Vaucluse (28%), puis du Var, des Alpes-de-Haute-Provence (25%) et des Alpes-Maritimes (24%). Les disparités entre les communes peuvent être très importantes.

Dans la région, un enfant pauvre sur deux vit dans une famille monoparentale. Celles-ci sont féminines dans 90% des cas. Les enfants à bas revenus appartiennent plus souvent à des familles nombreuses (41%) que les enfants vivant dans des foyers au-dessus du seuil de bas revenus (29%). Le pic de pauvreté infantile est observé à 3 ans (32,2%).

L'adolescence, entre l'enfance et l'âge adulte, est une période évolutive, avec de multiples trajectoires possibles. L’individu construit son avenir, cherchant à s'émanciper de son enfance, bonne ou moins bonne, parfois pathogène et traumatique. Ses nouvelles capacités lui permettent d'apprendre, d'imaginer, d'expérimenter. Mais cette période de mutation signifie également fragilité et exposition à de nombreux risques ou a des échecs, dans le champ somatique, psychologique, éducatif ou social. Si la majorité des adolescents va bien, il faut les accompagner dans tous les dispositifs de prévention, repérer  et prendre  en charge des symptômes tels que les tentatives de suicide, les addictions, les conduites à risques...

Selon Patricia Medina[2],  sociologue, les jeunes sont en bonne santé… mais certains plus que d’autres.

Les inégalités de santé liées au milieu social concernent également les jeunes. Différentes études qualitatives réalisées concernant les adolescents ou les jeunes en insertion, confirment que les jeunes «héritent» des difficultés socio-économiques de leurs parents, notamment en matière d’accès aux soins. Les jeunes issus de milieux précaires ont ainsi, notamment, des difficultés à financer, ou à faire financer par leurs parents, les soins de dentisterie, ce qui a un impact négatif sur leur qualité de vie, leur apparence physique, et par conséquent sur leur image d’eux mêmes. Ces jeunes, comme leurs familles, sont confrontés à des arbitrages économiques quotidiens, défavorables aux consultations à visée préventive ou même curative et au suivi médical : la santé n’est pas la priorité. Enfin, au-delà de ces contraintes économiques, c’est au sein de la famille que les habitudes de «soin de soi» ou de «non soin», d’hygiène de vie, se transmettent : dans ce domaine également, la précarité sociale mais aussi psychologique des parents retentit sur les jeunes, qui vont plus ou moins s’approprier leur santé.

C’est par ailleurs autour de la souffrance psychique et des conduites à risques que se concentrent les problèmes de santé des jeunes. La précarité familiale, l’échec scolaire, le chômage, engendrent un fort mal-être : «déprime», anxiété, faible estime de soi, pessimisme quant à l’avenir, sont des thématiques récurrentes dans les entretiens avec les jeunes. Le mal-être se traduit parfois par des conduites à risques : surreprésentées chez les garçons (consommations abusives d’alcool et de cannabis, ivresses, consommations chroniques, mais aussi conduite automobile dangereuse).

Des différences sont également notables entre jeunes en difficultés d’insertion des zones urbaines et des zones rurales.

Le fait d’être en apprentissage ou d’avoir un emploi n’est pas toujours une garantie en matière de santé.

Enfin, lorsque les relations sont conflictuelles avec les parents, lorsque le « portage » parental est faible ou inexistant, toutes les difficultés sont amplifiées : difficultés matérielles (notamment logement), affaiblissement des réseaux sociaux liés à la famille, désorientation par rapport au système de soins, difficultés à prendre «soin de soi», prises de risques accrues…

Au bilan, la précarité affective, cumulée à la précarité sociale et économique, est défavorable à une bonne insertion sociale et à un bon état de santé chez les jeunes aussi.



[1] Le taux de pauvreté infantile ou taux d’enfants vivant dans des familles à bas revenus rapporte l’ensemble des enfants de 0 à 17 ans (à charge au sens de la législation familiale) connus des CAF, vivant dans un foyer allocataire à bas revenus à l’ensemble des enfants (du même âge) au dernier recensement de la population (Source DROS PACA).

[2] Patricia Medina chargée d’études à l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) Rhône-Alpes.


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