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5. Des ressources parfois insuffisantes

Le schéma vise à positionner les bons acteurs aux bons endroits, à identifier les leviers d'action ou de soutien aux actions dont ils disposent, ainsi que leurs domaines d'intervention, leurs forces et leurs faiblesses, leurs interdépendance (définitions en annexe 9).

Pour chaque domaine stratégique[1], le recensement des ressources porte sur :

  • des dispositifs spécifiques ciblés en fonction de leur importance pour le domaine. Cependant, seul leur positionnement géographique a pu être pris en compte ici (et non leur couverture territoriale ou leur activité),
  • les actions menées dans le cadre du PRSP de 2007 à 2009, analysées par le CRES PACA en exploitant la base OSCARS, avec un focus particulier sur l'évaluation de leurs atouts et faiblesses.

Par ailleurs, les dynamiques de politique locale constituent un levier fondamental pour le développement de politiques et de programmes de prévention. Les dispositifs développés jouent un rôle essentiel dans l’ensemble des domaines stratégiques. Ils ont été identifiés dans le cadre du domaine des inégalités de santé, fil conducteur du schéma et transverse à l’ensemble des domaines.

Dans le cadre du partenariat, les centres de santé, les réseaux de santé et les maisons de santé pluri-professionnelles en cours de création constituent également des lieux privilégiés et de soutien pour développer les programmes de prévention et promotion de la santé dans les zones rurales notamment. Les hôpitaux locaux peuvent être aussi appelés à jouer un rôle pour le développement de ces programmes. Plus largement, les professionnels de santé libéraux et hospitaliers, les associations de patients, les intervenants à domicile, les travailleurs sociaux dans leur ensemble, constituent des ressources présentes de manière diffuse sur le territoire et sont à même d’être des acteurs de prévention, pour ce qui les concerne dans leur activité quotidienne.

L'analyse des ressources est menée au regard de la situation de chaque territoire en termes de caractéristiques sociales et de santé (cf. cartes pour chaque domaine du PSRS dans le document préparatoire « analyse par domaine stratégique »).

Pour le département du Vaucluse, tous les territoires de proximité figurent parmi les dix territoires régionaux les plus fortement marqués par des indicateurs de vulnérabilité. Au sein de ces territoires, les cantons regroupés d'Avignon, Bédarrides, Bollène, Cavaillon, Apt et Orange présentent également une surmortalité prématurée supérieure à la moyenne régionale et pour Sault une surmortalité prématurée en accroissement.

Au regard de ces caractéristiques, pour le domaine inégalités de santé, les dispositifs se limitent aux Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS) réparties sur l'ensemble des hôpitaux du département, et à trois Points Accueil Ecoute Jeunes (PAEJ) (Carpentras, Valréas, Pertuis). Les dispositifs de dynamique de politique locale dans le champ de la santé sont également très limités. Les deux ASV (Avignon et Carpentras) sont soit en cours de redémarrage, soit en grande difficulté.

Très peu d’actions ont été mises en œuvre dans le cadre du PRSP. Au sein du département, le territoire d'Avignon présente la proportion d'actions la plus faible rapportée à la part des bénéficiaires de la CMUC. Ces territoires se caractérisent par un faible nombre de porteurs d'actions.

En revanche il y a un nombre important d'établissements de santé, ainsi que d’établissements et services médico-sociaux. Le développement d'actions de prévention et promotion de la santé sur ce département pourrait s'appuyer en particulier sur les « missions Santé Publique » chargées de développer les actions de santé recentralisées. Elle sont coordonnées par le CH d’Avignon et 6 CH disposent d’un temps plein d’infirmière (Avignon, Orange, Carpentras, Cavaillon, Apt et Pertuis). Dés 2011, un redéploiement des moyens infra départementaux est engagé pour mieux répondre aux besoins, notamment sur le secteur d’Avignon.

Les dispositifs relatifs à la périnatalité et aux maladies chroniques sont répartis sur l'ensemble des villes. Il en est de même en santé mentale pour les Centres Médico-Psycho-Pédagogiques (CMPP).

En addictologie, les dispositifs sont essentiellement situés sur la ville d'Avignon, mis à part un réseau d’addictologie à Orange.

 

Le Territoire de Martigues est l'un des dix territoires de proximité les plus vulnérables. L’ensemble des dispositifs des différents domaines sont présents sur ce territoire. Le canton de Martigues, au regard de sa population totale, a un nombre d'actions conséquent en matière d'inégalités de santé et en ce qui concerne la population vieillissante. Cependant, compte-tenu de sa situation sanitaire et sociale (et en particulier de celle de la commune de Port-de-Bouc), il apparaît comme un territoire prioritaire pour un développement d'actions à mener, en s'appuyant sur les dynamiques existantes de politiques locales.

De plus, au sein de ce territoire, le canton regroupé de Port St Louis du Rhône cumule une vulnérabilité sociale et une surmortalité prématurée importante et en accroissement. Il est relativement démuni en dispositifs avec essentiellement un ASV, un centre de planification et d’éducation familiale et un centre de vaccination. Les déplacements pour la population, compte-tenu de sa situation excentrée, sont difficiles.

 

Le territoire de promixité d'Arles est aussi l'un des dix territoires les plus vulnérables. Les cantons regroupés de Tarascon, Orgon et Stes Maries de la Mer au sein de ce territoire cumulent une mortalité prématurée importante, voire supérieure à la moyenne régionale. Les dispositifs existants dans le domaine inégalités de santé sont situés à Arles. Si les consultations de PMI et les centres de planification et d’éducation familiale sont répartis sur l'ensemble du territoire, en revanche, il y a globalement très peu de dispositifs et ils sont essentiellement concentrés sur la commune d'Arles. En outre, les dynamiques de politique locale (hors Arles où existe un ASV) sont très faibles.

 

Le territoire de proximité Toulon-Hyères concerné par des cantons regroupés cumulant les indicateurs de vulnérabilité et de surmortalité (Toulon, La Seyne et Collobrières) a peu de dispositifs de dynamique de politiques locales ; ainsi la ville de Toulon n'est inscrite que depuis un an au réseau des villes actives PNNS (cf. définition en annexe 9) et l'ASV de la Seyne-sur-mer est en difficulté. Un besoin d’animation locale type ASV est particulièrement ressenti pour Toulon.

La plupart des dispositifs de prévention sont implantés sur la bande littorale.

Dans l'arrière pays varois, les dispositifs sont limités alors que les territoires de Brignoles et Draguignan comportent des cantons regroupés cumulant des indicateurs sociaux et de santé défavorables (Brignoles, Barjols, Tavernes et Le Luc).

 

Le haut-pays des Alpes Maritimes, dans le domaine des inégalités des santé ne dispose que d’un PAEJ et d'une PASS à Puget-Théniers. En revanche Breil sur Roya et Tende ont bénéficié d’actions, notamment en matière d’addictologie à destination des jeunes, dans le cadre de l’atelier local de santé. Cependant, cette dynamique locale est actuellement suspendue.

Sauf pour les services relatifs à la périnatalité et à la petite enfance, les dispositifs sont concentrés sur la bande littorale, en particulier de Nice à Cannes. Les dynamiques locales sont en net développement, tant en terme d’ateliers santé ville que de villes PNNS.

 

Bien que la proportion de bénéficiaires de la CMUC soit relativement faible (5,6%) dans le territoire de proximité de Nice, en effectif, c’est le troisième territoire de la région le plus concerné avec plus de 27 000 personnes. Par ailleurs, il compte une proportion rélativement importante de personnes couvertes par des allocataires CAF bas revenus. Il est donc important d’accompagner les dynamiques mentionnées ci-dessus par des actions.

 

Dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, les dispositifs essentiels sont représentés dans les principales villes. En ce qui concerne les actions et quels que soient les domaines, les territoires ruraux et de montagne ont proportionnellement à leur population, un nombre important d’actions. Ceci s’explique notamment par l’effet de seuil. Par ailleurs, dans ces territoires, les coûts en déplacement et en dépenses énergétiques sont nettement plus élevés, ce qui pèse sur l’accès aux soins et à la prévention.

 

Le territoire de proximité de Marseille, qui est socialement particulièrement vulnérable, concentre sur chacun des domaines stratégiques un nombre conséquent de dispositifs. Les dynamiques de politiques locales engagées dans les différents domaines sont particulièrement actives. Ce territoire concentre également la majorité des actions réalisées dans le cadre du PRSP. Cependant, au regard du poids démographique de la ville, le nombre d'actions qui a été mis en oeuvre sur ce territoire dans le cadre des politiques antérieures, est proportionnellement très faible, dans tous les domaines. Ceci est d’autant plus à prendre en considération en raison du poids global de la précarité (15,4% de la population est bénéficiaire de la CMUC). Ce constat est cependant à nuancer pour la ville de Marseille comme pour l'ensemble des principales villes, compte tenu des actions développées par d'autres institutions et dans le cadre du volet santé des contrats urbains de cohésion sociale, par exemple.

Enfin, il faut noter que pour ce territoire, le positionnement des établissements de santé en matière de prévention promotion de la santé, en particulier dans le développement d’actions spécifiques pour l’accès aux soins des plus démunis, reste inégal.

L’enjeu du schéma est ici de concilier l’impératif de ne pas laisser à découvert les territoires ruraux et de montagne, avec la nécessité primordiale d'engager un développement majeur des actions dans les grandes villes pour prendre en compte le poids démographique des populations précaires et pour contribuer à une diminution des inégalités de santé.

L’action sur les déterminants des inégalités de santé nécessite une démarche intersectorielle construite, au niveau local, dans le cadre d'un fort partenariat avec les institutions concernées.



[1] Pour chacun des domaines stratégiques une analyse approfondie des besoins et des ressources a été effectuée. Elle comporte des cartes et figure dans le document préparatoire au schéma intitulé « analyse par domaine stratégique ». .


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