Accueil > Région > ARS > Projet régional de santé 2012-2016 > Schémas sectoriels > Schéma Régional de Prévention > Volet Prévention Promotion de la Santé et Santé Environnementale (PPS) > 4. Des spécificités territoriales marquées en matière sociale et de santé > 4.5 Des priorités de travail spécifiques selon les territoires repérés

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4.5 Des priorités de travail spécifiques selon les territoires repérés

Si globalement, ces territoires ont a priori vocation à bénéficier d’une attention particulière dans le cadre de ce schéma et même sans doute des autres schémas sectoriels, il restera absolument nécessaire de préciser leurs caractéristiques. Il faudra par ailleurs compléter cette première analyse au moyen d’autres indicateurs et à un niveau plus fin.

Schématiquement plusieurs types de situations peuvent être envisagés :

1. Pour les territoires cumulant situation sociale très dégradée et indicateurs de santé préoccupants, un diagnostic local devrait être effectué dans le cadre par exemple d’un atelier santé ville (ASV)[1] ou d’un dispositif équivalent pour les territoires qui ne sont pas en Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS), comme c’est le cas pour les cantons ruraux.

Ce diagnostic doit constituer le prélude à une démarche territoriale de promotion de la santé concernant de manière transversale le champ de la prévention, des soins et de l’accompagnement médico-social ; elle associera la population, les élus et l’ensemble des institutions concernées dans un travail intersectoriel. C’est une approche qui s’inscrit dans la durée et qui est exigeante en matière de coordination et d’animation territoriale. Elle repose sur une ingénierie locale qui nécessitera un soutien financier et méthodologique spécifique pour les territoires ne pouvant bénéficier d’un ASV. Elle ne pourra donc concerner sans doute que des territoires ou des quartiers très vulnérables et devra être à même de prendre en compte la question du logement (et plus largement du cadre de vie) qui est souvent une préoccupation centrale pour les habitants concernés (à l’exemple de ce qui a été mis en évidence dans le cadre du programme expérimental « La santé à Saint-Mauront Belle de mai : on s’y met tous ! »)[2].

Le rôle de l’ARS, en lien avec les autres autorités de l’Etat concernées, sera donc essentiel pour impulser dans le cadre de son activité d’animation territoriale cette approche auprès de l’ensemble des décideurs, tout particulièrement sur ce dernier point. L’objectif de l’ensemble de cette démarche est d’aboutir à un programme territorial de santé qui pourra donner lieu à un contrat local de santé.

 2. Pour les territoires confrontés à des inégalités environnementales, il faudra ici prendre en compte les enjeux du PRSE en matière de qualité de l’eau et de l’air, mais aussi d’amélioration des connaissances sur les risques émergents. Les territoires cumulant vulnérabilité sociale et risques environnementaux spécifiques devraient être prioritaires pour la réduction des surexpositions auxquelles sont confrontés leurs habitants. Le cas particulier des départements alpins en matière de qualité bactériologique des eaux distribués constitue également une priorité.

3. Pour les territoires ruraux, les données collectées dans le cadre du SROS ambulatoire permettront de préciser les difficultés spécifiques d’accès aux soins auxquelles la population concernée est confrontée. Le rôle des établissements de santé et médico-sociaux les plus proches, ainsi que l’action des professionnels de santé libéraux en matière de prévention et promotion de la santé devraient être plus affirmés. L’organisation de temps d’échanges et de formation pour les professionnels des secteurs sanitaires, médico-social, social et de prévention permettrait de mutualiser les compétences, créer de la polyvalence et lancer une dynamique.

4. Dans tous ces territoires, et sur l’ensemble de la région, il apparaît indispensable de définir un indicateur de défavorisation à partir d’indicateurs disponibles en routine. L’analyse de certains indicateurs à l’échelle des cantons regroupés a pu apporter un éclairage complémentaire précieux, mais qui reste encore trop imprécis, notamment pour les territoires ruraux. De même, il est absolument nécessaire de compléter les données actuellement disponibles par une analyse à l’échelle des arrondissements de Marseille, voire des quartiers des plus grandes villes de la région. Le croisement des différentes données (sociales, sanitaires, environnementales) à une échelle très fine est essentiel pour disposer d’un outil d’observation des besoins et d’évaluation des politiques.



[1] un diagnostic de ce type a été réalisé par exemple à Port-Saint-Louis du Rhône.

[2] Il s’agit d’un programme de promotion de la santé pour les enfants et les familles démunies de ces deux quartiers.


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