Accueil > Région > ARS > Projet régional de santé 2012-2016 > Plan stratégique régional de santé > 1. La santé dans le contexte régional : un tableau contrasté > 1.1 La région PACA, terre de contrastes > 1.1.3 L’offre de soins et d’autonomie : une offre dense mais inégalement répartie

Région

1.1.3 L’offre de soins et d’autonomie : une offre dense mais inégalement répartie

 

  • Des inégalités d’offre de soins

Offre de prévention

L’offre de prévention, dans les suites de la loi de santé publique de 2004, s’est structurée avec l’apport du plan régional de santé publique (PRSP) couvrant la période 2006- 2010. Reposant principalement sur de multiples opérateurs associatifs,  elle s’est développée et professionnalisée. Cet effort de formation est à poursuivre car les opérateurs se renouvellent.  Il demeure également un besoin de plus grande coordination et  territorialisation des actions de prévention.

En ce qui concerne les dépistages, l’offre est généralisée pour le dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal, mais la participation de la population de Paca à  ces dépistages organisés est globalement faible, faiblesse partiellement compensée par un dépistage individuel important pour le cancer du sein.

L’éducation thérapeutique se développe également et se structure, dans le cadre d’autorisations de programmes résultant de la loi HPST. Ce développement, essentiel pour améliorer la gestion des maladies chroniques, a vocation  à se poursuivre.

Offre libérale

La densité de l’offre libérale de premier recours est largement supérieure aux moyennes nationales, dans tous les départements, mais avec des inégalités territoriales entre la bande littorale et le reste de la région qui nécessitent une analyse infra départementale plus fine.

Des difficultés existent localement pour assurer une offre de premier recours de médecins généralistes. Dans un futur proche, des zones aujourd’hui fragiles (moins de trois médecins par bassin de vie) risquent de connaître des départs en retraite non remplacés. La part des médecins généralistes libéraux de plus de 55 ans est   de 43% en Paca en 2009, et même de 45% dans les Alpes Maritimes et le Vaucluse, ce qui risque de provoquer à moyen terme des tensions sur l’offre de soins de premier recours. Aujourd’hui 9% des nouveaux inscrits à l’Ordre s’installent en libéral exclusif (rapport Mission Legmann, avril 2010)

La répartition des médecins spécialistes libéraux est de même très inégale. Nombreux dans le 13 et 06, très peu nombreux dans les départements alpins, en particulier dans le 04, où un renforcement pourrait faciliter le fonctionnement des établissements hospitaliers. La question de l’accessibilité financière (secteur 2) se pose en outre dans un certain nombre de territoires.

De même, pour les infirmiers, l’abondance globale de l’offre masque des difficultés ponctuelles croissantes au niveau des petites communes ou des établissements médico-sociaux. L’offre libérale est supposée compenser, dans une certaine mesure, une offre médico-sociale inférieure à la moyenne nationale.

Si la région Paca est aujourd’hui globalement mieux dotée que les autres, des projections réalisées par la Drees prévoient une forte diminution de la densité médicale régionale d’ici 2030, résultat d’une diminution du nombre de médecins d’une part et de l’augmentation de la population d’autre part. Elle se situerait alors dans la moyenne nationale. Ces projections doivent par ailleurs être rapprochées des évolutions prévisibles du temps de travail des médecins, du contenu de leur activité mais aussi de la féminisation du corps médical (Attal-Toubert, 2009).

Face à ces faiblesses avérées et potentielles, il est possible de mobiliser différents leviers dont certains très innovants :

  • Maisons de santé pluridisciplinaires, pôles de santé et toutes formes d’exercice regroupé ;
  • Possibilité de délégation de tâches et de coopérations entre professionnels de santé ;
  • Possibilité de développer des consultations avancées de médecins spécialistes ;
  • Nouveaux contrats d’engagement de service public ;
  • Télémédecine.

De plus, des réseaux polyvalents de proximité et des hôpitaux locaux pourraient jouer un rôle de pivot pour structurer une offre à la fois sanitaire et médico-sociale de proximité.

Offre hospitalière

L’offre de soins hospitalière est elle aussi globalement plus abondante qu’en moyenne nationale mais inégalement répartie. Plus de 70 % de l’offre de court séjour se concentre sur les départements 13 et 06 (départements sièges de CHU) pour 62,5% de la population. En revanche, les départements alpins (04 et 05) ont en général un taux d’équipement supérieur à la moyenne régionale pour le moyen séjour, le long séjour et la psychiatrie.

Les capacités d’accueil des établissements de santé de la région, rapportées à la population résidente, sont, pour la plupart, des grandes disciplines de soins, plus importantes qu’en moyenne nationale. Les capacités en unités de soins de longue durée sont cependant inférieures au taux d’équipement national, sauf dans le département des Hautes-Alpes.

Les capacités en psychiatrie ne font pas exception : 1,5 lit ou place pour 1000 habitants (SAE 2007) contre 1,2 au plan national, avec des inégalités de répartition : les capacités d’hospitalisation en psychiatrie adulte sont nettement inférieures à la moyenne régionale dans l’Est du Var et dans l’ouest des Alpes-Maritimes. En revanche, les Bouches du Rhône et à un moindre degré le Var et les Alpes-Maritimes, sont dotés d’une offre d’hospitalisation privée importante.

Par ailleurs, les capacités d’hospitalisation en psychiatrie infanto juvénile sont un peu inférieures à la moyenne nationale, notamment en hospitalisation complète et malgré un effort de rattrapage déjà intervenu.

La région Paca compte, en 2010, 42 maternités effectuant 59 000 accouchements. Depuis le début des années 2000, l’offre s’est progressivement restructurée et elle est actuellement largement recentrée sur les établissements publics de santé. L’arbitrage entre proximité et technicité garantie par un volume d’actes suffisant est ainsi largement engagé. Il reste cependant quelques maternités publiques mises en difficulté soit en raison de leur faible activité, soit en raison de la perte de la chirurgie par leur établissement de rattachement, soit encore du fait de difficultés de recrutement de personnels.

Depuis 2007, la région Paca est la région qui a le plus fort taux de recours à l’interruption volontaire de grossesse des régions de France métropolitaine (21 pour 1000 femmes de 15 à 49 ans, en 2008). Malgré une réduction du nombre des centres IVG durant la dernière décennie, les délais d’accès restent globalement conformes aux recommandations nationales (80 % des premiers rendez vous en moins de 7 jours).

C’est en fait en SSR que le taux d’équipement de la région Paca s’écarte le plus du taux moyen national : 2,3 lits et places pour 1 000 habitants contre 1,6 en moyenne nationale, avec toutefois des disparités départementales importantes.

Les conséquences de ces inégalités de répartition de l’offre sont accentuées par des flux importants entre territoires. Ainsi, dans les Alpes de Haute-Provence, plus de la moitié des séjours de chirurgie courante sont effectués hors territoire.

Il appartiendra au futur schéma régional d’organisation des soins (SROS)  d’atténuer les disparités de répartition de l’offre sanitaire, notamment en soins de suite et de réadaptation  et de conforter l’offre de proximité et de recours hors des grandes métropoles, en particulier par le développement des coopérations entre établissements hospitaliers.

  • Une offre médico-sociale inférieure à la moyenne nationale

En ce qui concerne les établissements et services pour enfants et adolescents handicapés, historiquement, la région Paca a toujours présenté un taux d’équipement inférieur à la moyenne nationale quelle que soit la nature de la déficience.

Depuis 2004, ces taux restent stables car l’augmentation du nombre de places ne compense pas la croissance démographique observée depuis 2000.

L’effort a porté ces dernières années principalement sur le développement des SESSAD (conformément à la Loi du 11 février 2005 au service de l’égalité des droits et des chances), domaine dans lequel l’offre de la région Paca est proche du niveau moyen national. Mais malgré cela, pour le seul département des Bouches du Rhône, il y a 955 enfants en attente d’un placement au 30.03.2011, dont plus de 500 en attente d’un placement en SESSAD (source MDPH).

L’offre médico-sociale en direction des personnes âgées doit être appréciée dans le cadre de la filière gériatrique en tenant compte de l’offre ambulatoire (notamment en infirmiers libéraux) et hospitalière (notamment en soins de suite). Cette approche globale doit dépasser les analyses sectorielles basées sur des notions de « rattrapage du taux national ».

En ce qui concerne l’hébergement des personnes âgées dépendantes, sauf situation particulière locale, les capacités d’hébergement sont actuellement satisfaisantes, en référence à des taux d’occupation qui ne sont pas saturés. Les améliorations futures reposeront davantage sur l’amélioration des services offerts par les établissements que sur la création de lits et places, du moins dans un premier temps. Ensuite,  une prévision Insee de 22% d’augmentation de la population des 75 ans et plus à l’horizon 2020 pourrait conduire à  de nouvelles augmentations de places. De multiples paramètres peuvent cependant influer sur ce besoin, notamment augmentation de la durée de vie sans incapacité, évolution des paramètres économiques et de la législation.

Enfin, pour les personnes âgées comme pour les personnes en situation de handicap, les besoins de soins et d’autonomie des personnes vivant à domicile sont peu connus et nécessitent des études complémentaires.


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