Accueil > Région > ARS > Projet régional de santé 2012-2016 > Plan stratégique régional de santé > 1. La santé dans le contexte régional : un tableau contrasté > 1.1 La région PACA, terre de contrastes > 1.1.1 De fortes disparités démographiques et sociales

Région

1.1.1 De fortes disparités démographiques et sociales

 

  • Des inégalités géographiques et démographiques

La région Paca est caractérisée par un large éventail de territoires : montagneux et maritimes, ruraux et urbains, ouverts et enclavés, à la fois densément et faiblement peuplés... Alors que sa bande littorale concentre 90 % de sa population régionale et la majeure partie de ses pôles d’activité économiques, les zones rurales et alpines connaissent des densités de peuplement très faibles. La région conjugue à la fois des problématiques de modes de vie urbains (avec son cortège d’expositions aux nuisances environnementales, ses problématiques d’habitat et transports, des difficultés de cohésion sociale) et celles inhérentes aux territoires isolés, marqués par les difficultés d’accès aux équipements et infrastructures et le vieillissement de leurs populations.

  • Une population en augmentation malgré un ralentissement prévisible de la croissance démographique

Avec 4 918 050 habitants en 2009 (8 % de la population métropolitaine), la région Paca est la 3ème région la plus peuplée après l’Ile-de-France et Rhône-Alpes.

A l’horizon 2040, la région devrait compter entre 5,4 et 5,7 millions d’habitants, soit entre 17 000 et 27 000 personnes de plus par an. Le seuil des 5 millions devrait être franchi dès 2012. Le rythme de croissance des 30 prochaines années sera plus faible que par le passé et la région Paca se situera de ce point de vue dans une position intermédiaire par rapport aux autres. Du fait du vieillissement de la population, le solde naturel deviendra nul voire négatif et les migrations représenteront le seul moteur de croissance ; plus de la moitié des nouveaux arrivants auront entre 20 et 59 ans.

L’essoufflement démographique n’épargnera aucun des 6 départements de la région. C’est dans les Alpes-de-Haute-Provence que le taux de croissance sera le plus élevé, en raison d’un important solde migratoire (de Plazaola, 2010).

  • Une population vieillissante

La population en Paca est plus âgée que la moyenne nationale. En 2008, 485 700 personnes, dont 62,7 % de femmes, avaient plus de 75 ans, représentant 9,9 % de la population Paca contre 8,5 % en France (Insee 2008). La population des 85 ans et plus a augmenté de plus de 45 % entre 2005 et 2010. Parmi les personnes âgées de 60 ans ou plus de la région, en 2008, entre 192 000 et 248 000 avaient besoin d’aide pour effectuer des tâches ménagères et entre 78 000 et 113 000 pour les soins personnels (Davin, 2010).

Des différences existent entre les départements. Le département des Alpes Maritimes est le plus âgé de la région avec, en 2006, 123 personnes âgées de 60 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans (104 en Paca). A l’inverse, les Bouches du Rhône et le Vaucluse (100 jeunes de moins de 20 ans pour 92 personnes âgées de 60 ans ou plus) sont des départements plus jeunes.

A l’instar de la population française dans son ensemble, la population de la région va continuer à vieillir au cours des prochaines années, mais elle vieillira moins vite que d’autres régions françaises. En Paca, en 2040, selon l'Insee, il y aura environ 1 886 000 personnes âgées de 60 ans ou plus, soit 688 000 de plus qu’en 2007 (+57 %). L’augmentation sera encore plus importante pour la population âgée de 80 ans ou plus qui attendrait 604 000 personnes en 2040 soit 328 000 de plus qu’en 2007 (+118 %) (de Plazaola, 2010).

Le vieillissement de la population est associé à de multiples enjeux impliquant une adaptation du système de prise en charge aux évolutions des besoins de santé : enjeux médicaux (progression de l’obésité, du diabète, des maladies neuro-dégénératives et cardio-vasculaires), socio-économiques et d’organisation de l’offre de prise en charge (accroissement de la demande de soins et d’aide concomitante à une diminution de l’offre, en particulier de l’aide informelle apportée par l’entourage, suite à l’augmentation de l’activité féminine, de la distance parents-enfants, au vieillissement des aidants eux-mêmes…) (Davin, 2010).

  • Des inégalités socio-économiques

Les écarts de niveau de vie en Paca sont parmi les plus importants de France. La région est au troisième rang pour le PIB par habitant et le taux de contribuables imposés au titre de l’IRPP et/ou de l’ISF est élevé, mais elle se caractérise aussi par l’importance des bas revenus, et un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale. La pauvreté est une caractéristique forte de la région qui concentre avec l’Ile-de-France la plus forte proportion hexagonale de ménages pauvres. Cette pauvreté qui s’inscrit aussi dans l’activité salariée, touche davantage les jeunes et les femmes, mais également les enfants : la région Paca figure parmi les régions les plus touchées par la pauvreté des enfants et des jeunes, avec un taux de pauvreté infantile de 28,5 % en Paca contre 22 % en France. La pauvreté des enfants est étroitement liée à la structure du foyer familial - une famille sur deux est mono parentale - et l’absence d’activité professionnelle des parents.

Comme en France, les écarts de mortalité entre catégories socioprofessionnelles demeurent élevés : la mortalité prématurée toutes causes confondues est 2,5 fois plus élevée chez les ouvriers et employés que chez les cadres (1991-2005). Ces écarts traduisent l’importance du lien liant santé et position sociale, au-delà du seul niveau de revenu,  selon un gradient continu : moindre bénéfice des progrès thérapeutiques et des avancées de la prévention,  conditions de travail  plus pénibles et environnement de vie moins favorable à la santé.

On peut déduire de ce constat des besoins élevés en matière d’actions de promotion de la santé et d’éducation  à la santé, ciblées sur les territoires ayant les indicateurs socio-économiques les  plus défavorables.


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