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1.2 Un état de santé globalement favorable mais avec de fortes disparités

Une progression de l’espérance de vie comme en France métropolitaine

L’espérance de vie à la naissance a progressé au même rythme qu’en France métropolitaine entre1990et2007où elle atteint 84,6 ans chez les femmes et78ans chez les hommes, avec une mortalité prématurée également proche du niveau national, donc élevée en particulier chez les hommes.

Si, en Paca, la mortalité prématurée (avant65ans) a diminué de plus de 30 % en25ans, il reste8000décès par an avant65ans, dont1/3sont évitables par une réduction des comportements à risques (tabagisme, alcoolisme, conduites dangereuses, suicides…).

Les trois principales causes de mortalité prématurée sont les tumeurs, les traumatismes (dont suicides, accidents de la circulation) et les maladies cardio-vasculaires.

 

On note quelques spécificités régionales de l’état de santé : 

  • Une forte prégnance des troubles de la santé mentale :

Les problèmes de santé mentale recouvrent un continuum d’états allant de troubles relativement mineurs (souffrance psychique, trouble du comportement passager, etc.) à des états chroniques graves (psychose chronique) ou à des troubles aigus sévères avec risques de passage à l’acte.

 En Paca, une enquête publiée en 2009 parla DRASSmontre qu’un tiers de la population adulte (18ans et plus), soit environ1 245 000personnes, a déclaré un trouble de santé mentale au moment de l’enquête. Les femmes sont davantage touchées - excepté pour la consommation d’alcool et de drogue et les syndromes psychotiques – ainsi que les personnes en situation de précarité et celles vivant seules. Cette prévalence des troubles de santé mentale serait légèrement plus forte qu’en moyenne nationale : un tiers de la population (à un moment ou à un autre de sa vie) contre 32 %. Malgré la forte prévalence des troubles de santé mentale, le recours aux soins des personnes présentant un tel trouble est assez faible : le repérage et la prise en charge dans ce domaine constituent de véritables enjeux.

 Le suicide représente la deuxième cause de mortalité prématurée évitable en Paca soit environ 1 000 décès par an.

 Par ailleurs, Paca est la sixième région de France la plus consommatrice de psychotropes.

  • Un excès de risque de cancer du poumon chez les femmes, en rapport avec une consommation de tabac supérieure à la moyenne nationale : une augmentation d’incidence de 243 % entre1980 et2005, avec actuellement une sur incidence chez les femmes de 11 % par rapport àla France.
  • Une accidentologie routière importante dans la plupart des départements : l’indicateur d’accidentologie local (IAL) fait apparaître un sur-risque de 31 % par rapport aux autres régions. Il y a aussi les accidents de la vie courante qui méritent d’être mentionnés pour leur fréquence. En l’absence de données spécifiques à la région Paca, on peut estimer qu’ils ont été à l’origine de 1 600 décès en moyenne par an entre2005 et2007, ce qui représente 5 % des années potentielles de vie perdues.
  • Un poids historiquement important de l’épidémie VIH Sida et des hépatites chroniques : Paca est la deuxième région de France la plus touchée par l’épidémie de SIDA (en termes de nombre de cas de sida cumulés depuis le début de l’épidémie). La région est également très concernée par les hépatites chroniques à virus VHC.  
  • Des risques infectieux spécifiques : compte tenu de l’ouverture maritime et aéroportuaire, on trouve des pathologies d’importation et des cas autochtones de maladies vectorisées par des insectes (cf page 11) : West Nile, fièvre boutonneuse méditerranéenne, leishmaniose viscérale.
  • Des signaux de fragilité concernant la santé des jeunes : environ 25 % des jeunes sortant du système éducatif connaissent de grandes difficultés d’insertion sur le marché du travail. Le baromètre santé nutrition2008 montre que les jeunes de18 à34 ans s’alimentent de façon moins équilibrée que leurs aînés. Chez les jeunes de17 ans, l’usage de cannabis est significativement supérieur àla France (15% versus 11%). Les jeunes connaissent aussi des difficultés liées à la sexualité, avec notamment un recours à l’IVG fréquent chez les adolescentes. Enfin, l’accidentologie et les suicides conduisent à une mortalité par traumatismes des jeunes de15 à24 ans significativement plus élevée qu’en France métropolitaine (+9 % sur2003 –2005).

 Ces constats nous orientent vers les cibles d’actions de prévention à privilégier dans le cadre du projet régional de santé (santé mentale, tabac, accidentologie, VIH, alimentation…)

 

Ce sont malgré tout les maladies chroniques qui sont, comme dans la plupart des régions, le plus gros enjeu de santé en termes de morbidité et de mortalité, et ce même si la situation de Paca est globalement un peu meilleure que la situation française. Pour ne citer que les principales :

  • Les cancers, dont l’incidence a augmenté entre1980et2005de 33 % chez les hommes et 48 % chez les femmes, comme en France (prise en compte de l’augmentation de la population et de son vieillissement). Mais tous les cancers ne peuvent être qualifiés de maladie chronique.
  • Les maladies cardio-vasculaires, à l’origine de39 000admissions en affection de longue durée (ALD) en2008, soit 36 % de l’ensemble des admissions (régime général).
  • Le diabète : la prévalence standardisée du diabète traité concerne 3,8 % de la population (3,9 % en moyenne Française), ce taux atteignant 4,4 % dans les Bouches du Rhône.
  • Les maladies respiratoires, cinquième cause de décès sur la période2005-2007, et notamment la broncho-pneumopathie chronique obstructive, maladie chronique insidieuse et lentement progressive.
  • Le surpoids et l’obésité : la prévalence de l’obésité est passée de 6,8 % en1997à 11,5 % en2009chez les18ans et plus (de 8,5 % à 14,5 % en France métropolitaine). Le dernier baromètre santé nutrition montre que les habitudes alimentaires des habitants de Paca ne diffèrent plus guère de celles des autres Français, hormis la consommation d’huile d’olive.
  • L’infection chronique par le virus VIH : les données statistiques issues de la déclaration obligatoire des découvertes de séropositivité et des cas de sida en Paca montrent une épidémie toujours active. La mortalité a considérablement diminué (31décès déclarés en2008) mais le nombre de nouvelles contaminations reste important et 3 209 personnes vivent au stade Sida de l’infection à VIH en PACA ce qui représente 11 % des cas de sida vivant en France pour 7,9 % de la population.

Il conviendrait de mentionner également l’insuffisance rénale chronique terminale, les troubles musculo-squelettiques, les hépatites chroniques B et C, la tuberculose…

Du fait de l’allongement de l’espérance de vie mais aussi des progrès de la médecine et des changements de mode de vie (alimentation, activité physique notamment), il y aura de plus en plus de personnes vivant de nombreuses années avec une maladie chronique. Ces maladies représentent un réel défi pour l’avenir du système de santé et la société : prise en charge des personnes souffrant de ces maladies, avec souvent des comorbidités, avec une exigence de qualité (risques liés à la iatrogénie, aux prescriptions inadaptées…) ; prévention des complications tout en préservant la qualité de vie ; du point de vue économique, défi pour le système d’assurance maladie ; maintien dans l’emploi pour les personnes d’âge actif en particulier.

 

D’importantes disparités territoriales en matière de santé

Elles sont prioritairement liées aux contrastes de lieux de vie et aux inégalités socio-économiques. Inégalités environnementales et socio-économiques s’additionnent pour produire des inégalités territoriales de santé bien réelles :

  • Les indicateurs de santé des territoires situés aux extrémités de la région, zones alpines isolées de l’est et du nord-est, plaines dela Crau, sont nettement moins favorables que ceux des côtes et des grandes villes. Ce qui suggère le cumul d’une série de désavantages face à la santé conjuguant exposition, mode de vie, ressources limitées et moindre accès à la prévention ou aux soins.
  • Les zones d’activité industrielle actuelles ou passées de l’ouest de la région se distinguent aussi dans une moindre mesure par des indicateurs de santé plus défavorables.
  • Les contrastes territoriaux en matière de santé touchent aussi le cœur des territoires urbains. Ils peuvent se traduire par des disparités d’indicateurs de santé entre villes proches ou entre quartiers, reflétant la ségrégation des populations en fonction de leur statut socio-économique.

Les disparités de santé entre groupes sociaux sont assez largement liées aux comportements et à l’accès à la prévention. On note par exemple une moindre participation au dépistage du cancer du sein chez les bénéficiaires dela CMUCet chez les femmes avec un handicap physique ou mental, y compris pour celles vivant en institution.


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