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Région

Objectif spécifique 2.1 : Prévenir les conduites addictives

Contexte

La notion de conduite addictive comprend à la fois les addictions aux substances psychoactives (alcool, tabac, drogues illicites) mais également les addictions comportementales, sans substances psychoactives (jeu par exemple). L’addiction se caractérise, en effet, par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance des conséquences négatives.

Par ailleurs, les conduites addictives sont souvent la symptomatique d’un parcours de vie. Il est donc très important que cet objectif soit en étroite relation avec ceux abordés dans le plan d’actions en faveur des enfants, adolescents, jeunes. «Favoriser le développement des compétences
psychosociales chez les enfants », en effet, ces compétences sont reconnues pour être un facteur de protection de la santé des jeunes[1] et «développer les compétences des personnes qui sont en contact avec les enfants et les adolescents » en formant des personnes « relais ».

La consommation de substances psychoactives est responsable en France de plus de 100 000 décès évitables par accidents et par maladies, dont près de 40 000 par cancers. Les conduites addictives interviennent ainsi dans environ 30 % de la mortalité prématurée (soit avant 65 ans).

Pour la mortalité par consommation excessive d’alcool, notre région présente une sous-mortalité significative par rapport à la France pour la période 2000-2004 : - 23% pour les hommes et - 15% pour les femmes. Un seul territoire de proximité est en surmortalité significative par rapport à la France : Draguignan (Var) pour les femmes (+ 29%). Au niveau des cantons regroupés, trois présentent une surmortalité significative : Tende (Alpes Maritimes) (+ 125%), Port Saint-Louis du Rhône (Bouches du Rhône) (+ 84%) et Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes) (+ 51%). La région est toutefois 5ème sur l’ensemble des régions françaises pour le nombre de décès avant 65 ans par alcoolisme et cirrhose et 3ème pour les accidents corporels avec alcool.[2]

En ce qui concerne le tabagisme, la prévalence des fumeurs en France a augmenté dans la population de 15 à 75 ans, passant de 32 % en 2005 à 34 % (37 % chez les hommes et 30 % chez les femmes) en 2010[3]. Cette augmentation est survenue après quarante ans de diminution de la prévalence chez les hommes et seulement vingt ans de diminution de la prévalence chez les femmes. La prévalence des fumeurs est la plus élevée chez les jeunes, puis diminue avec l’âge : 39 % des 18-44 ans déclarent fumer tous les jours contre 31 % des 45-54 ans, 18 % des 55-64 ans et 7 % des 65-75 ans.

La région PACA semble particulièrement touchée, si l’on en juge l’augmentation importante de l’incidence des cas de cancers du poumon chez les femmes et de la mortalité par maladies respiratoires et par cancers du poumon au cours des dernières années. Par ailleurs, en PACA, comme au niveau national, il varie selon la catégorie socioprofessionnelle, en effet le tabagisme quotidien est deux fois plus fréquent chez les chômeurs et les ouvriers que chez les cadres. Il diminue lorsque le niveau de revenu du ménage augmente[4].

L’article 14 de la  Convention cadre pour la lutte antitabac (Cclat) promeut la mise en oeuvre de programmes destinés aux fumeurs souhaitant arrêter. Ces programmes concernent en particulier le diagnostic, le conseil, la prévention et le traitement de la dépendance au tabac, ainsi que des traitements facilement accessibles et peu onéreux (par exemple la ligne nationale d’aide à l’arrêt du tabac et le site Web de coaching par internet (Tabac Info Service) dont la gestion est assurée par l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé).

En ce qui concerne les drogues illicites, la consommation déclarée en 2005 par des adultes de 18 à 64 ans, en France, est pour :

Le cannabis :

  • Au moins une fois dans la vie : 32%
  • Au moins une fois dans l'année : 12% des hommes, 7%
    des femmes
  • Au-delà de ces pourcentages de consommateurs dans l'ensemble de la population adulte, on observe de grandes différences de comportement suivant les âges. Chez les jeunes adultes (18-44 ans), 16 % des hommes et 11 % des femmes ont consommé du cannabis dans l'année. Ces pourcentages deviennent en revanche très faibles chez les adultes âgés de 45 à 75 ans (2% chez les hommes et à peine 1% chez les femmes).

La cocaïne :

  • Au moins une fois dans la vie : 4% des hommes. 1,5% des femmes
  • L'expérimentation de cocaïne s'observe principalement dans les générations âgées de moins de 45 ans (près de 2% chez les 18-26 ans, 4% chez les 26-44 ans contre 0,4% chez les 45-75 ans).

L’ecstasy :

  • Au moins une fois dans la vie : 3,1% des hommes. 1% des femmes

Les amphétamines :

  • Au moins une fois dans la vie : 2% des hommes. 1% des femmes
  • Comme pour la plupart des drogues illicites, l'expérimentation de l'ecstasy chez les adultes concerne surtout les générations de moins de 45 ans. En revanche, celle des amphétamines décroît moins avec l'âge, celles-ci ayant été utilisées par les femmes il y a quelques années en tant que coupe-faim lors de régimes amaigrissants

L’héroïne :

  • Au moins une fois dans la vie 1,3% des hommes. 0,4% des femmes
  • Comme pour les autres drogues illicites, l'expérimentation de l'héroïne dans la population adulte concerne surtout les personnes de moins de 45 ans.

En ce qui concerne d’autres substances psychoactives (poppers, champignons hallucinogènes, colles et solvants, LSD) leur usage semble relativement marginal sur l’ensemble des générations antérieures aux 25 ans.  

En ce qui concerne la pratique des jeux de hasard et d’argent, selon l’exploitation des données issues du baromètre santé 2010 de l’INPES [5]les caractéristiques sociodémographiques des « joueurs excessifs » se distinguent de l’ensemble des joueurs actifs par un certain nombre de caractéristiques :

  • 75,5 % des joueurs excessifs sont des hommes,
  • 6,9% ont entre 25-34 ans, 4,7 % 45-54 ans, et 4,4 % 18-24 ans,
  • 57,8 % déclarent un revenu mensuel inférieur à 1 100 euros contre 34,7% chez les joueurs actifs,
  • 55,2 % vivent en couple vs 70,7 % de l’ensemble des joueurs actifs.,
  • Plus d’un joueur excessif sur trois ne possède aucun diplôme,
  • La quasi totalité des joueurs excessifs ont un niveau d’études inférieur ou égal au baccalauréat

[1] OMS 1993 – équipe division de la santé mentale et de la prévention de la toxicomanie

[2] OFDT- ILIAD 2009

[3] Beck F., Guignard R., Richard J.-B., Wilquin J.-L., Peretti-Watel P, « Augmentation récente du tabagisme en France : principaux résultats du Baromètre santé, France, 2010 », BEH, n°20-21, numéro spécial journée mondiale sans tabac, 31 mai 2011, 230-233.

[4] ORS PACA

[5] OFDT/INPES Tendances N° 77 – septembre 2011


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