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Bouches du Rhône

II – Orientations stratégiques

Au regard des caractéristiques du département fortement marqué par les phénomènes de précarité, et des orientations du PRS, il convient d’agir prioritairement sur 5 axes principaux  déclinés en privilégiant une approche fondée sur la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé.

 

CONFORTER L’OFFRE EN DIRECTION DES PERSONNES HANDICAPÉES VIEILLISSANTES

Comme le reste de la population, les personnes handicapées connaissent une augmentation de leur espérance de vie.

Il s’agit d’un phénomène relativement récent qui nécessite des adaptations majeures des réponses à apporter. En effet, non seulement le handicap a tendance à s’accentuer avec l’avancée en âge, mais de surcroît, du fait précisément de leur handicap, les personnes concernées sont plus vulnérables aux ruptures de parcours.

Approfondir la connaissance des besoins des personnes handicapées vieillissantes, notamment les besoins des personnes vivant à domicile ne bénéficiant d’aucun dispositif social ou médico-social, anticiper et prévenir les situations d’urgence et de rupture, décloisonner les secteurs d’intervention et lever plus particulièrement les barrières entre les secteurs « personnes handicapées » - « personnes âgées » sont autant de défis à relever.

Les objectifs d’amélioration pour cet axe stratégique sont donc les suivants :

  • Objectif 1 – Favoriser la mise en place d’un parcours coordonné de santé et d’accompagnement en respectant le libre choix des personnes handicapées vieillissantes ;
  • Objectif 2 – Améliorer les connaissances pour mieux cibler et évaluer les actions ;
  • Objectif 3 – Améliorer la qualité de l’offre de santé et la réactivité des interventions. 

 

AMÉLIORER LE PARCOURS DE SANTÉ DES PERSONNES ÂGÉES 

Malgré le nombre d’acteurs intervenant sur l’ensemble des domaines – social, sanitaire, médico-social, logement – la personne âgée et sa famille sont paradoxalement démunis du fait de l’illisibilité de l’ensemble des dispositifs.

Ainsi, les difficultés apparaissent dès les premiers signes du risque de la perte d’autonomie  et des pistes d’amélioration doivent être recherchées pour fluidifier le parcours de la personne âgée aux étapes qui sont les plus décisives. Cette fluidification ne pourra pas se faire sans incorporer de la méthode quant à l’articulation entre les acteurs et ce sera le rôle de chacun et notamment des missions pour l’autonomie et l’intégration des services d’aide et soins des personnes âgées (MAIA).

Les objectifs d’amélioration pour cet axe stratégique sont les suivants :

  • Objectif 1 – Améliorer le repérage de la fragilité ;
  • Objectif 2 – Favoriser le maintien à domicile de la personne âgée ;
  • Objectif 3 – Associer, au sein de l’hôpital, l’expertise gériatrique à chaque étape de la prise en charge et préparer la sortie en lien avec les acteurs extrahospitaliers ;
  • Objectif 4 – Renforcer le positionnement des MAIA.

 

AMELIORER LA PRISE EN CHARGE DES JEUNES PRESENTANT UNE SOUFFRANCE PSYCHIQUE OU AYANT DES TROUBLES PSYCHIATRIQUES ET/OU DES TROUBLES AVERES DU COMPORTEMENT

Les sujets ayant trait à la santé mentale sont à la croisée de différents domaines d’intervention : social, médico-social, sanitaire. C’est ainsi que le parcours de santé des personnes en souffrance psychique ou ayant des troubles psychiatriques se révèle souvent complexe.

Le poids de la précarité dans les Bouches-du-Rhône donne un retentissement particulier à cette thématique, ce qui justifie l’attention qui lui est portée dans le cadre de l’animation territoriale conduite par les services de l’ARS.

Le PTS a fait le choix de ne pas reprendre l’ensemble des problématiques rencontrées dans le domaine de la santé mentale pour se centrer sur la population des jeunes âgés de 12 à 25 ans, période qui s’étend de l’entrée au collège jusqu’au début de la vie professionnelle. En effet, les jeunes, situés entre l’enfance et l’âge adulte, sont à une période évolutive de la vie avec de multiples trajectoires possibles. C’est une période de mutation marquée par des fragilités et des expositions à de nombreux risques qui peut conduire à de la souffrance psychique. 

Cette notion peut être entendue comme un état de mal être qui n’est pas forcément révélateur d’une pathologie ou d’un trouble mental. C’est son degré d’intensité, sa permanence et sa durée ainsi que ses conséquences qui peuvent conduire à une prise en charge médicale.

Sur la base de cette définition, les objectifs d’amélioration suivants sont proposés :    

  • Objectif 1 – Prendre en compte le problème en amont et renforcer les actions de prévention et leur coordination ;
  • Objectif 2 – Organiser des réponses adaptées à la prise en charge de la souffrance psychique des jeunes ;
  • Objectif 3 – Améliorer qualitativement l’offre de soins en cas de troubles psychiatriques avérés et/ou de troubles sévères du comportement chez le jeune.

 

RENFORCER LA REPONSE MEDICALE DE PROXIMITE DANS LES ZONES FRAGILES OU A RISQUE

Les évolutions constatées dans l’exercice des pratiques des jeunes professionnels combinées aux difficultés d’accès aux soins relevées dans certains secteurs fragiles ou à risque exigent, dans le département, une adaptation de la réponse médicale de proximité.

Cette adaptation s’avère indispensable en raison de l’importance des phénomènes de précarité.

Dans ces conditions, le maintien d’une offre de santé de proximité est un enjeu fort, qui requiert la mise en œuvre des objectifs suivants :

  • Objectif 1 – Soutenir l’exercice en équipes pluri professionnelles de proximité ;
  • Objectif 2 – Favoriser les partenariats et la coordination territoriale des réponses.

 

AGIR AU NIVEAU LOCAL CONTRE L’HABITAT INDIGNE ET MAL ADAPTE ET SES CONSEQUENCES SUR LA SANTE

Agir sur les inégalités sociales de santé suppose que l’on s’intéresse aux facteurs environnementaux parmi lesquels figure le logement.

L’habitat indigne est une préoccupation importante dans le département des Bouches-du-Rhône. On relèvera à titre d’exemple que 8% du parc privé départemental répondrait à la définition de logements potentiellement indignes, soit environ 63 236 logements.

La prise en compte des conséquences sur la santé du mal logement (saturnisme, pathologies respiratoire, dermatoses, souffrance psychique…) doit être améliorée dès le plus jeune âge, tant sur le volet de la prévention que sur celui du dépistage des pathologies et de leur traitement. Le saturnisme, dont les conséquences sur l’état de santé peuvent être gravissimes, doit faire l’objet d’une attention particulière.

En matière d’habitat, les réglementations sont nombreuses et l’enchevêtrement des compétences exercées par les différentes autorités freine l’efficacité des interventions. Cela rend nécessaire d’organiser la coordination des interventions sur les territoires infra départementaux les plus pertinents et d’accompagner les collectivités territoriales, qui sont des acteurs incontournables de la lutte contre l’habitat indigne.

Pour cet axe stratégique, deux objectifs d’amélioration sont donc proposés :

  • Objectif 1 – Renforcer les stratégies locales visant à faciliter la prise en compte du risque d’exposition au plomb et l’accès au dépistage et aux soins des enfants occupant un lieu de vie à risque ;
  • Objectif 2 – Renforcer la coordination territoriale des interventions et accompagner les collectivités territoriales qui veulent améliorer la qualité du parc résidentiel.

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