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Bouches du Rhône

I – Portait du territoire - Diagnostic

Le portrait de territoire, ici présenté, complète les données quantifiées mobilisées pour l’élaboration du projet régional de santé, et apporte un éclairage spécifique sur les caractéristiques du département des Bouches-du-Rhône.

Ce diagnostic s’est appuyé :

  • d’une part, sur les travaux de l’ORS PACA[1] et des services de l’agence régionale de la santé ;
  • d’autre part, sur des données plus qualitatives issues des travaux de la conférence de territoire.

En effet, comme indiqué précédemment, le bureau de la conférence de territoire a été consulté sur les éléments de diagnostic et tous les membres de la conférence de territoire ont été invités, par questionnaire écrit, à proposer trois thèmes de travail leur paraissant prioritaires pour l’élaboration du PTS. Pour chacun de ces thèmes, les membres de la conférence de territoire devaient décrire les éléments de contexte et les enjeux, le public et les territoires « cible », et proposer des pistes d’amélioration.

Les travaux avec le bureau, ainsi que l’exploitation des questionnaires, ont permis d’enrichir le diagnostic par des données plus qualitatives et ainsi d’orienter le choix des thèmes de travail. 


[1] http://www.sirsepaca.org/

ORS PACA, ARS ; Etats de santé et inégalités en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Indicateurs statistiques thématiques et cartographies SIRSéPACA, 2010.

ORS PACA, ARS ; portrait de territoire, Département des Bouches du Rhône, édition 2012.

 

La démographie

Peuplé de près de 2 millions d’habitants en 2010, le département des Bouches-du-Rhône représente 40% de la population de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. La population réside à 98% dans des espaces urbains, principalement sur les agglomérations de Marseille et Aix-en-Provence.

Près de 25% de la population a moins de 20 ans, soit 477 000 personnes. 8,9% de la population a plus de 75 ans, soit près de 176 000 personnes. Ce département apparaît ainsi plutôt « jeune » par rapport aux autres départements de la région.

Les caractéristiques environnementales

Le risque environnemental est élevé dans le département. En effet, ce dernier compte 55 sites SEVESO à haut risque de pollution susceptibles de provoquer des situations sanitaires graves. Ces sites sont essentiellement installés dans le secteur de Fos-sur-Mer et autour de l’Etang-de-Berre.

Les questions d’habitat sont également prégnantes du fait de l’importance de l’habitat dégradé et de ses conséquences en termes sanitaires, notamment en matière de saturnisme.

Les caractéristiques socio-économiques

Les situations de vulnérabilité sociale sont importantes parmi les habitants des Bouches-du-Rhône :

  • La part des familles monoparentales ou encore la part des personnes âgées vivant seules est forte ;
  • La part des personnes sans diplôme est élevée ;
  • En augmentation depuis 2008, le taux de chômage, supérieur à la moyenne régionale, concerne plus les femmes que les hommes. Les plus forts taux sont constatés sur les territoires de Marseille et Arles. Enfin, les jeunes connaissent le taux de chômage le plus élevé de la région ;
  • La part de la population bénéficiaire des minimas sociaux est également importante dans le département, dans lequel on constate que les allocataires du RSA sont plus nombreux qu’ailleurs en PACA, tout comme les allocataires dépendant à 100% des prestations familiales ainsi que les bénéficiaires de la CMUC.

De fortes inégalités de revenus marquent le département. Les écarts de revenus constatés entre les déciles de population les plus riches et les plus pauvres sont les plus importants de la région.

Le taux de pauvreté est le 2ème plus élevé de la région, après le Vaucluse. L’indicateur de désavantage social calculé par l’ARS, pour repérer les inégalités sociales à partir de 5 variables, met en évidence le fait que les Bouches-du-Rhône est, avec le Vaucluse, le département le plus touché par de hauts niveaux de désavantage social. Parmi les 5 % de territoires les plus touchés au niveau régional, 75 % (soit 63 sur 80 au total) proviennent du département des Bouches du Rhône. 23 % des micro-territoires du département sont très désavantagés, ce qui représente l’un des taux le plus élevé de la région. 

Etat de santé de la population

La population du département est relativement en bonne santé, en comparaison de l’état de santé moyen de la population française : sur la période 2005-2009, la population du département se distingue, comme le reste de la population régionale, par une sous-mortalité toutes causes confondues, par rapport à la France, pour les hommes comme pour les femmes.

Parmi les tumeurs, le cancer du poumon pour les hommes et le cancer du sein pour les femmes représentent les principales causes de mortalité prématurée. Parmi les traumatismes, les suicides et les accidents de circulation contribuent majoritairement à la mortalité prématurée. Les maladies de l’appareil circulatoire constituent la 3ème cause de mortalité prématurée.

Le département des Bouches-du-Rhône, comme les autres départements du littoral, présente une surmortalité significative par hépatites virales. Le taux de mortalité par sida, stable depuis les années 90, est également 2,2 fois plus élevé que sur l’ensemble du territoire français. 

Le taux d’assurés ayant une affection de longue durée exonérante est supérieur aux moyennes régionales pour les hommes et les femmes.

Les personnes ayant été admises en affections de longue durée en 2009 souffraient principalement de tumeurs (pour 19%), d’hypertension artérielle sévère (16%), de diabète (14%), de maladies psychiatriques de longue durée (10%).

L’offre de santé

L’offre de prévention

L’offre présente sur le département est diversifiée et les opérateurs sont globalement d’un bon niveau.

Le département est doté, dans le cadre de la politique de la ville, de 13 ateliers santé ville (ASV) dont quatre sont situés sur Marseille. Ces ASV permettent de disposer de relais locaux efficaces pour une déclinaison territoriale des politiques de prévention et de promotion de la santé au plus près des besoins repérés.

 

L’offre de soins ambulatoires

Le département des Bouches-du-Rhône se distingue par la très forte densité de professionnels de santé installés, particulièrement de professionnels de santé libéraux. Seule la densité de chirurgiens dentistes est plus faible que la moyenne régionale.

Cependant, cette réalité coïncide avec l’existence de certains territoires fragilisés par une densité de professionnels de santé moins forte, ou par une part importante de professionnels de santé âgés de plus de 55 ans. La situation est particulièrement marquée dans certains quartiers prioritaires de la politique de la ville et notamment dans les quartiers nord de Marseille moins bien couverts pour certaines spécialités comme la gynécologie ou la pédiatrie.

 

L’offre de soins en établissements et services

Les Bouches-du-Rhône possèdent une offre quantitativement suffisante et de qualité. Le paysage sanitaire du département est en effet dense avec la coexistence d’une offre publique et privée importantes.

Si cette offre est « abondante », elle n’est cependant pas répartie de manière homogène, une forte concentration des équipements étant constatée sur la ville de Marseille et sa périphérie.

 

L’offre en établissements et services médico-sociaux

Le département dispose d’un niveau d’équipement satisfaisant en lits d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) bien qu’il soit inférieur à la moyenne régionale et nationale (respectivement 86,2 et 103,3 contre 80,6 pour 1000 habitants dans le département) (source STATISS 2012).

Un effort particulier a porté sur l’amélioration de la qualité de la prise en charge des personnes âgées dépendantes par la création d’unités PASA (pôle d’activité et de soins adaptés) et d’UHR (unité d’hébergement renforcée), dispositifs spécifiques à la prise en charge des personnes atteintes de dégénérescence.

S’agissant du secteur des personnes handicapées, bien qu’en deçà de la moyenne régionale, le taux d’équipement des Bouches-du-Rhône comprend un nombre important d’établissements et de services.

Des structures, notamment sur le champ de l’autisme et du secteur « adultes », sont en cours de création, soit par financement exclusif de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), soit conjointement avec le Conseil général.

En ce qui concerne l’offre en faveur des personnes atteintes d’addiction, cette dernière est dense et diversifiée. 

 

Recours aux soins et à la prévention de la population du département

Les habitants du département des Bouches-du-Rhône ont un recours aux soins relativement important, au regard de la population de la région ou de la France. C’est le cas particulièrement pour les soins de ville, mais également pour le recours à des séjours hospitaliers. Le taux d’hospitalisation de jour en médecine chirurgie obstétrique (MCO) est supérieur à la moyenne régionale, tout comme l’hospitalisation complète. A l’inverse, la participation de la population aux actions réalisées dans le cadre des programmes de dépistage organisé (cancer du sein et bilan bucco-dentaire chez les enfants de 6 ans) est moindre.

Ce constat général est à nuancer et doit tenir compte des inégalités d’accès aux soins, qui touchent plus particulièrement les populations des zones défavorisées pour lesquelles le renoncement aux soins, notamment pour des raisons économiques est plus fréquent, alors que les besoins de santé sont importants. Ces populations ont par ailleurs tendance à s’adresser plus souvent aux services des urgences des centres hospitaliers probablement pour éviter d’avoir à faire l’avance des frais. Il ressort des constats des ASV du département que la prévention et la santé ne sont pas perçues comme des priorités par les habitants de ces quartiers (absence de comportements favorables à la santé, sous recours au dépistage, à la santé bucco-dentaire…).  

Les éléments de diagnostic, ci-dessus, ont été complétés et enrichis par les apports de la conférence de territoire qui ont porté sur des éléments plus qualitatifs. A l’issue des travaux du bureau, de la commission plénière et de l’exploitation des questionnaires adressés aux membres de la conférence de territoire, les points d’alerte suivants ont été mis en avant :

  • vieillissement des professionnels de santé et évolution des pratiques des jeunes médecins qui recherchent davantage l’exercice de groupe ;
  • difficultés d’accès aux soins et à la santé des personnes en situation de précarité ;
  • au regard du contexte socio-économique du département, forte vulnérabilité des jeunes aux   problématiques liées à la souffrance psychique. Nécessité de renforcer les politiques de prévention dans ce domaine et d’apporter des réponses plus adéquates dans la gestion des situations de crise ; nécessité également de renforcer l’aide aux aidants parfois extrêmement démunis ;
  • face au défi du vieillissement de la population, insuffisance qualitative des réponses apportées, notamment insuffisance des articulations entre les secteurs social, médico-social et sanitaire provoquant des ruptures de prises en charge préjudiciables à une approche globale de la santé et à la fluidité des parcours. Fort cloisonnement entre les différents services qui fragilisent les conditions d’un maintien à domicile. Nécessité d’un renforcement de l’évaluation des situations individuelles des personnes âgées dans une approche fondée sur l’analyse des vulnérabilités et sur la prise en compte des trajectoires des personnes ;

situation des personnes handicapées vieillissantes préoccupante, notamment fragilité des personnes travaillant en établissement et services d’aide par le travail (ESAT) qui atteignent l’âge de la retraite, fragilité également des personnes vivant à domicile dont les besoins sont mal repérés ; nécessité de renforcer l’aide aux aidants.


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